Le plafond de verre est une réalité, aujourd’hui encore, prégnante et incontestable. Il s’agit d’une situation qui intègre deux phénomènes concomitants, apparemment contradictoires : d’une part, l’augmentation du nombre de femmes dans les professions qualifiées accompagnée du constat de leur implication de plus en plus continue dans des carrières professionnelles et organisationnelles et, d’autre part, le maintien des inégalités face à la carrière ainsi que la position minoritaire dans les hiérarchies organisationnelles des femmes. La plupart d’entre elles sont confrontées à cette situation bloquante pour la progression de leur carrière.

Pourtant, certaines arrivent à briser la glace. L’objet de cet article n’est pas d’analyser les causes ou les conséquences de cette situation mais d’essayer de savoir comment et pourquoi ces femmes y parviennent. Cela peut incontestablement en aider d’autres à suivre le même chemin de la réussite.

Une étude réalisée par Plein Sens pour le Centre d’analyse stratégique[1] s’est attachée à  identifier quels étaient les déterminants d’avancement de carrière des femmes « ayant atteint les plus hauts niveaux hiérarchiques » de leur organisation.

Il ressort de cette intéressante étude quatre déterminants particulièrement structurants.

En premier lieu et sans surprise, cette dernière note que la socialisation primaire et le parcours de formation jouent un rôle positif tout au long de la carrière de ces femmes.

En second lieu, il est constaté chez ces mêmes femmes qu’elles adoptent fréquemment des postures de contournement. Ceci s’explique du fait que les modes de structuration des carrières induits par les organisations leur sont souvent défavorables et que les parcours balisés fondés sur des règles qui apparaissent de prime abord neutres sont, de fait, bâties sur un modèle de carrière au masculin.

En troisième lieu, il ressort de l’étude que la recherche de visibilité et l’affirmation d’une ambition sont à l’évidence des leviers pour avancer. Toutes ces femmes entretiennent leur réseau et en priorité celui qu’elles se sont constitué, fait d’anciens collègues ou supérieurs hiérarchiques.

Enfin, ces femmes reconnaissent que la disponibilité au travail et l’engagement ont été deux déterminants essentiels pour leur carrière et que cette disponibilité temporelle a été à la fois une conséquence de leur réussite et ce qui a permis leur ascension.

Jacqueline Laufer, professeur au Groupe HEC, s’est, elle aussi, intéressée[2] aux stratégies et aux comportements divers que les femmes adoptent en matière de carrière, pour venir à bout des obstacles visibles et invisibles qui les séparent du sommet des hiérarchies professionnelles et organisationnelles. Elle constate que les facteurs qui ont pesé favorablement sur l’augmentation de la part des femmes dans les professions qualifiées, parmi les cadres et les managers, ne sont pas les mêmes que ceux qui déterminent l’accès aux sphères supérieures du pouvoir organisationnel. Le plafond de verre apparait comme le résultat de l’interaction complexe entre processus organisationnels et stratégies des femmes.

Terminons par une remarque de bon sens, comme la publicité du loto qui rappelle que 100% des gagnants ont tenté leur chance, la conclusion d’une étude très sérieuse et récente constate que si les femmes sont moins souvent promues que les hommes à l’Université française (l’étude en question ne porte que sur le domaine des sciences économiques) c’est tout simplement qu’elles candidatent moins souvent aux concours de promotion[3].

L’une des causes possibles avancée par l’étude est que les femmes postuleraient moins que leurs collègues par anticipation d’une discrimination, même si, dans les faits, aucune discrimination effective n’apparait.

Cet état de fait a pour conséquence qu’une absence totale de discrimination au moment du choix de la personne promue parmi les candidats ne suffirait donc pas à augmenter largement le taux de promotion des femmes.

 

Un seul conseil, Mesdames, osez !

 

 

Alki Simon

Directeur associé. Opaliance.



[1] « Plafond de verre : les déterminants de l’avancement de carrière des cadres féminins » Mars 2013

[2] « La construction du plafond de verre : le cas des femmes cadres à potentiel » Travail et emploi n°102. Avril – Juin 2005.

[3] « Pourquoi les femmes occupent-elles moins de postes à responsabilité ? Une analyse des promotions universitaires en économie ». par Clément Bosquet, Pierre-Philippe Combes et Cecilia Garcia-Penalosa. SciencesPo LIEPP (Le Laboratoire Interdiciplinaire d’Evaluation des Politiques Publiques). Octobre 2014.

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