En Europe et aux Etats-Unis, la femme utilise plus les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) que l’homme mais en fait moins profession. Pourquoi un tel paradoxe et comment le faire évoluer ?

Les études sont nombreuses et concordantes. En France, le Syntec relève que les femmes ne représentent que 28% des salariés dans les entreprises adhérentes à Syntec Numérique contre 48% dans la population active et on ne compte que 15% de femmes créatrices d’entreprises dans le numérique.

Cette disparité s’explique largement par le choix des études fait par les jeunes femmes. En effet, sur 1 000 femmes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur en Europe, 29 en possèdent un dans le domaine des TIC, contre 95 pour les hommes. Ce phénomène est même, en France, en train de s’aggraver puisque selon l’étude MutationnElles de 2014, la proportion de femmes qui s’orientent vers l’informatique diminue passant de 11% en 2008 à 9% en 2012.

Si la « femme digitale » est rare, l’entrepreneuse digitale l’est encore plus. Les femmes sont à l’origine de seulement 3% des entreprises dans le secteur des TIC,  et moins de 5% des brevets technologiques déposés le sont par des femmes.

Vous me direz, qu’il y a d’autres secteurs touchés par une disparité hommes/femmes ; seulement ici le paradoxe tient en quelques points :

-          Les femmes qui travaillent dans les TIC sont en moyenne mieux payées que celles qui évoluent dans d’autres univers (selon une étude de la Commission Européenne, les femmes travaillant dans les TIC gagnent 9% de plus que les femmes occupant des postes comparables dans les autres secteurs de services). Certaines jeunes diplômées d’écoles d’informatique parviennent même à décrocher de meilleurs salaires que leurs camarades de promo.

-          Le digital permet de travailler autrement, de manière plus collaborative, avec davantage de flexibilité.

-          Est-ce utile de le dire : une femme dans le digital sera moins exposée au chômage.

Comme le souhaite la Commission Européenne et la secrétaire d’Etat chargée du numérique il faut, pour changer les choses, intervenir en amont, intégrer l’apprentissage du code informatique dans les programmes scolaires, rendre attractif ces métiers en communiquant sur les success stories lors de journées comme celle du 13 mars dernier, journée de la femme digitale.

Une plus grande place pour les femmes : bénéfique pour elles, bénéfique pour l’économie ! La Commission Européenne a estimé en 2013, dans une étude sur la femme active dans le secteur des TIC, que si les femmes occupaient autant d’emplois que les hommes dans le secteur numérique, il s’ensuivrait un gain de 9 milliards d’euros par an pour le PIB européen. De quoi se motiver et se mettre à coder !

Alki Simon

Directeur associée. Opaliance

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