Le climat économique reste, en dépit d’une légère éclaircie, peu propice à penser sa mobilité externe. Certes à un certain niveau de responsabilité ou d’expertise, on n’est pas sans ignorer qu’une expérience professionnelle,  pour se renouveler et se compléter suppose de risquer le changement.

Mais alors qu’est ce qui peut vraiment donner aujourd’hui envie de bouger à un manager hormis la contrainte ?

En fait beaucoup d’éléments ou de situations peuvent et doivent inciter le manager à se remettre sur le marché du travail.

  • Tout d’abord l’ennui, ce poison discret et lancinant qui se manifeste pour certains en début de journée tant ils ont la maîtrise de leur périmètre et ce quelle que soit la diversité des tâches. L’imprévu n’est plus là, tout semble normalisé, l’impression de ne plus vraiment apprendre, le sentiment de faire « du sur place ». L’ennui provoque à terme une perte d’énergie peu propice au développement de carrière.
  • L’étroitesse du cercle professionnel peut également devenir un handicap, car s’installer  longtemps dans le même poste ou dans  le même environnement ne permet pas de renouveler son réseau ni  mathématiquement de l’accroître. En changeant d’entreprise on s’enrichit de nouveaux contacts.
  • La force de l’expertise peut finir par se dissoudre lorsqu’on intervient depuis des années dans le même cercle et avec les mêmes intervenants. Les idées nouvelles sont parfois mieux acceptées lorsqu’elles sont présentées par un nouveau venu, auréolé de faits d’armes chez la concurrence, et ce même si vous aviez présenté la même approche quelques mois auparavant. En l’espèce il devient urgent de s’interroger sur sa perte d’influence.
  • La capacité d’adaptation,  l’un des facteurs clés de l’agilité professionnelle, ne se maintient et ne se perfectionne que si on se donne les moyens de la mettre en œuvre. Comment se réinventer régulièrement en se maintenant dans les mêmes missions et le même environnement ?  Afin de rester agile il est important de tester régulièrement sa capacité à se remettre en cause.
  • Il est des univers professionnels où la qualité des relations est devenue tellement délétère que l’on sait pertinemment qu’il y a peu d’intérêt à se maintenir en fonction. Certains dysfonctionnements peuvent être temporaires, liés à une mauvaise conjoncture. Mais lorsque de façon permanente, la gouvernance et/ou la stratégie génère des ambiances toxiques, ou que les interactions avec ses pairs, ses collaborateurs et sa hiérarchie sont empreinntes d’hostilité, il semble prudent de s’interroger sur son devenir  à  le long terme.

Il n’y a pas vraiment de règles en matière de durée, c’est la qualité du changement qui compte. En clair évoluer au sein d’une même structure en changeant de business unit, en prenant de nouveaux challenges via des projets ou en alternant missions fonctionnelles ou opérationnelles peut s’avérer tout autant profitable professionnellement que de changer d’entreprise.

C’est la multiplicité des expériences qui renforce la crédibilité et l’employabilité. Le changement permet de puiser de nouvelles énergies pour s’adapter, se renouveler et donc se développer.

L’urgence permanente, à laquelle nombre d’entre nous sont confrontés,  ne nous incite pas à nous interroger sur notre trajectoire professionnelle. Comment réfléchir à son devenir lorsqu’on se doit de répondre à des situations complexes qui s’accélèrent de plus en plus. Ce type de spirale peut avoir pour effet de vous donner l’illusion d’être toujours dans l’action mais en fait vous ne faîtes plus évoluer vos compétences de fond, vous vous  adaptez seulement à des rythmes accélérés de traitement de l’information. S’accorder un temps de réflexion pour réfléchir et agir dans son intérêt peut s’avérer salutaire.

Le confort comme l’inconfort ne doit pas devenir un piège dans lequel lentement mais sûrement, aussi excellent professionnel que l’on soit, on finit par s’engluer.

Print Friendly