Les Mooc sont arrivés en France en 2012 et leur succès a été aussi rapide que considérable. Pas la moindre grande école ou université qui ne s’est lancé dans l’avenir. La connaissance de qualité à portée de tous connait une croissance exponentielle.

Mais ce succès ne s’est pas réalisé dans le monde professionnel.

Deux constats :

-          Une majorité de directions des ressources humaines ne dispose pas encore de solutions digitales de formation et l’on peut noter une grande disparité d’accès à la formation en ligne : les grosses structures proposent cette solution bien plus fréquemment que les petites structures peu outillés

-          Mais ce qui peut paraître plus surprenant : même lorsque des formations digitales sont proposées au sein d’une entreprise elles ne rencontrent pas le succès attendu. Les salariés boudent cette formule que les pro-digital invoquent comme plus souple, d’un coût restreint et permettant un suivi personnalisé

Alors pourquoi un tel décalage et que pourrait-on proposer pour encourager les « départs », même virtuels,  en formation digitale ?

Les besoins et les motivations d’une personne qui s’inscrit à un Mooc et de celle qui souhaite suivre une formation au sein de son entreprise sont bien différents.

En effet, il peut être considéré comme rébarbatif pour un salarié d’apprendre seul derrière son bureau. Ce dernier souhaite effectuer une formation pour apprendre mais pas uniquement. La personne a besoin d’échanger et parfois de sortir physiquement de sa structure, de prendre l’air…et d’échanger sur sa pratique interne. La formation externe permet de se confronter et donc de s’évaluer dans un contexte neutre, et aussi en sortant de son quotidien.

Alors, quelles solutions imaginer pour répondre à ces besoins particuliers qui ne correspondent pas à celui de l’individu qui, dans une démarche toute personnelle, se mettra à la biologie ou à la philosophie via Coursera ou Fun Mooc ?

Restreindre cette souplesse prisée du digital. Soulager un manager à qui on a imposé de « caser » une formation digitale sur son planning sans y consacrer un créneau approprié : mettre à disposition des salles destinées aux formations digitales en fixant des créneaux. Dans de telles conditions, le salarié aura sans doute plus l’impression de se « poser » pour se consacrer quelques heures à faire le point et à se former.

Pour ce qui concerne les échanges entre les participants, qui font la richesse des formations externes, même si le virtuel ne remplacera jamais le physique on peut imaginer que développer les forums ou fonctionner par « promo » de formations digitales pourrait également susciter des vocations….

Alki Simon

Directeur associée. Opaliance

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